Edmunds dans le Pulse - L’Echo

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La société bruxelloise Edmunds crée, produit, distribue et vend des noeuds papillon de toutes tailles, matières et couleurs. Ce qui a commencé en 2014 comme un hobby est aujourd’hui une entreprise en pleine croissance. Rencontre avec deux entrepreneurs passionnés.

Il y a six mois, l’architecte d’intérieur Camille De Meeus (25 ans) et le spécialiste en marketing financier Matthieu Blanpain (28 ans) ont troqué leur emploi pour se consacrer à leur rêve, Edmunds. Leur ambition? Remettre à la mode les noeuds papillon en proposant des créations originales en séries limitées. "La première réaction du public sur le marché de Noël où nous avons vendu nos premiers exemplaires était presque systématiquement la suivante "C’est un produit de niche avec un marché restreint"", explique la co-fondatrice de la jeune entreprise, Camille De Meeus. "On se moquait gentiment de nous."

La fantaisie, un signe particulier d’Edmunds. © Studio Dann

PLEINS FEUX SUR L’AVENIR

"Malgré tout, nous avons cru à notre produit", poursuit Matthieu Blanpain, co-fondateur d’Edmunds et compagnon de Camille. "Nous avons rapidement regardé au-delà du marché local et nous nous sommes mis à rêver d’international. Nous sommes plus proches que jamais de notre objectif. Notre public est jeune, aime la mode et est à la recherche d’accessoires pour mettre sa personnalité en valeur. Un peu à l’image du chanteur Stromae, fervent amateur de noeuds papillon." Tout a commencé par la recherche d’un noeud papillon assorti à la tenue de Matthieu pour les fêtes de fin d’année. "Je n’ai pas trouvé ce que je cherchais", raconte Camille De Meeus. "J’ai alors décidé de le faire moi-même. Je me suis lancée et, à la demande de quelques amis, j’en ai créé d’autres. Notre entreprise est née et s’est développée de manière totalement organique."

Nous avons opté pour un atelier de production à Bruxelles afin d’apporter notre petite pierre à l’édifice de l’entrepreneuriat socialement responsable.

CAMILLE DE MEEUS

CO-FONDATRICE D’EDMUNDS

Aujourd’hui, Edmunds produit plus de 300 noeuds papillon par mois, vendus via le webshop et dans 30 magasins physiques en Belgique. "Nous avons créé nous-mêmes no tre magasin en ligne. C’est surtout Matthieu qui en a le mérite", souligne- t-elle. "Je m’occupe surtout de la partie créative: le choix des couleurs, des motifs, des tissus et des modèles. Nous travaillons aussi sur mesure, notamment pour les mariages: les clients peuvent commander un exemplaire unique qui correspond à leur souhait. Nous leur fixons rendez-vous dans nos bureaux, nous prenons les mesures et nous discutons ensemble du modèle, des détails et du format. Aucun magasin n’offre ce service."

RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE

Depuis lors, la production a été soustraitée à un atelier de réinsertion socio- professionnelle à Bruxelles. "Il était tout simplement impossible de produire seule des centaines de noeuds papillon par mois", explique Camille De Meeus. "La création des produits et la gestion de l’entreprise prennent pratiquement tout mon temps. Nous avons opté pour cet atelier de production à Bruxelles pour apporter notre petite pierre à l’édifice de l’entrepreneuriat socialement responsable. C’est fantastique de savoir que nous créons de l’emploi grâce à nos ventes. Concrètement, il s’agit de femmes issues de familles socialement fragilisées, dont certaines ne parlent ni le néerlandais ni le français, et qui viennent travailler quelques mois dans l’atelier. Cela leur permet d’acquérir une première expérience en Belgique, ce qui a un impact positif sur la recherche d’un autre emploi. "

Un autre objectif d’Edmunds est de maintenir 100% de la production en Belgique. "Non seulement nous produisons en Belgique, et nous n’envisageons pas de délocaliser la production dans des pays à bas salaires, mais nous sélectionnons aussi des tissus produits ici", poursuit Matthieu Blanpain. "Au début, nous achetions des tissus dans certains motifs et couleurs. Aujourd’hui, nous les imprimons nous-mêmes. Nous avons remarqué que cela avait fait augmenter la demande. Nos noeuds papillon sont encore plus exclusifs. "

L’entreprise a été baptisée du nom de leur animal domestique: le perroquet Edmunds. © Studio Dann

Nouveaux modèles de financement Aujourd’hui, le duo regarde vers l’étranger et souhaite bientôt pouvoir vendre ses produits en France, au Luxembourg et aux Pays-Bas. "Nous avons tellement de travail que nous pouvons à peine répondre à la demande ", explique Camille De Meeus. "Pour assurer notre croissance, nous examinons également les nouveaux modèles de financement. Jusqu’ici, nous réinvest i ss ions prat iquement chaque euro gagné dans le développement de l’entreprise, mais ce n’est pas tenable à long terme. Pour grandir plus vite, nous lancerons bientôt une campagne de financement participatif via la plateforme Kickstarter. Cela nous permettra de nous faire connaître à l’international, ce qui ne peut être que positif pour notre entreprise. Au niveau financier également, nous voulons garder les rênes et nous débrouiller sans crédit bancaire."

Dans les années à venir, Edmunds souhaite aussi se spécialiser dans les accessoires pour homme avec d’autres produits annexes, à commencer par des bretelles, des cravates et des épingles de cravate. Des boxers-shorts devraient suivre. "Nous nous limitons volontairement aux petites séries. Nous achetons nos tissus et nous les imprimons. Lorsqu’ils sont épuisés, nous en recherchons d’autres. Cela nous permet de conserver le caractère exclusif de nos créations, tout apportant une grande variété. Ce serait fantastique de réussir au niveau européen. Le cas échéant, nous devrons, bien entendu, augmenter nos ventes et notre production. Mais nous y croyons: nous avons tellement de projets", conclut Camille De Meeus. 

MARKETING CRÉATIF

L’entreprise a été baptisée du nom de leur animal domestique: le perroquet Edmunds. «Ce n’est pas seulement amusant et anecdotique»,raconte Camille De Meeus. «Cela fait partie de notre stratégie de marketing.Notre logo représente la tête d’un perroquet avec un noeud papillon. Et nous publions régulièrement les nouvelles aventures de notre perroquet sur Instagram, Facebook et d’autres réseaux sociaux. Cela nous permet de garder notre marque présente à l'esprit: on en parle d’une manière ludique et personnelle, proche de nos (futurs) clients.»